À ce Liban auquel je rêve, à ce Liban auquel j’aspire par Tarek Daher


À ce pays, à ce Liban

  • Il est de ceux qui se battent pour un idéal et qui sacrifient leurs vies.
  • Il est de ceux, pour qui leur terre est sacrée
  • Il est de ceux pour qui le pays est synonyme de symbole, d’entité, de valeur.
  • Il est de ceux, qui nourrissent pendant toute une vie, un espoir

À ce Liban auquel je rêve, à ce Liban auquel j’aspire

Je voudrais par ces mots simples tenter de l’imaginer. Je voudrais par des mots simples, connus de tous, de ceux qui chérissent ce pays, tenter de coucher sur ce bout de papier, tenter non pas de me convaincre, pas même de convaincre, juste tenter de faire imaginer ce que ce pays, le Liban pourrait être.

Je ne veux plus rêver, je VEUX CE Liban, j’y aspire de toute mon âme.

Ce Liban je ne peux le concevoir qu’en une seule et unique entité où le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest forment un corps et un seul le LIBAN. Je le conçois dans ses frontières connues et reconnues. Je ne peux accepter ce pays amputé d’un bout de terre, encore moins de mers, je veux ce Liban indépendant de toute ingérence, de toute forme de colonisation, il est une et une seule entité reconnue et ne pourrait tolérer, ni accepter aucune concession sous aucune forme.

Ce Liban, je ne peux le concevoir que multiconfessionnel, chaque être, formant cette entité en est partie intégrante. Je ne le veux que dans son pluralisme où chaque individu est libre de ses mouvements, chaque individu est libre de ses choix politiques. Libre de ses croyances. Cette liberté ne peut être, ne peut se faire que si chaque individu respecte les règles, les lois qui sont établies. Ces règles, ces lois ne doivent en aucun cas appartenir à un individu, mais à l’ensemble de la communauté sans aucune distinction, sans aucune discrimination, ni de race ni de religion. Ces règles ne peuvent en aucun cas servir les intérêts des uns et des autres.

Ces règles seront établies en toute équité, en toute impartialité, où une grande majorité devra y adhérer. Ces règles, ces lois seront faites par des hommes, des femmes intègres où seul compterait le bien-être de ces citoyens.

Ce Liban je le veux dans le respect de ses traditions, de ses valeurs. Je ne peux que le concevoir, uni de ses hommes et de ses femmes se battant pour le même idéal, pour les mêmes éthiques, sans tenir compte des discours de ces prétendus responsables qui ont mené ce pays vers le chaos.

Je ne conçois pas ce Liban actuel. Je ne crois pas. Je ne crois plus en ces politiciens qui nous proposent monts et merveilles, mais qui en réalité ne pensent qu’à eux, qu’à leurs intérêts.

Ce Liban je le conçois avec des hommes et des femmes forts de leurs convictions, qui analysent les choses sans aucun préjugé, qui pointent le doigt lorsque ceci est nécessaire, qui se soulèvent silencieusement, de marcher vers ceux qui essaient de nous tromper afin de les dénoncer de leur dire que nous refusons.

Ce Liban où ces hommes politiques héritent de leur père ces sièges pour nous gouverner, je le refuse. Ces hommes politiques qui s’imposent parce qu’ils font partie

D’une telle ou telle famille, je ne les accepte plus, je les refuse simplement, car cette place ils ne l’ont pas obtenue pour les idées encore moins pour leurs convictions. Eux n’ont jamais vraiment eu une réelle pensée pour ce pays, pour ce Liban. Ces hommes politiques nous vendent des rêves, ils nous vendent du vent. À ces hommes politiques qui par des mots, des phrases, des pensées, nous poussent à nous haïr, à nous méfier des uns et des autres, je les refuse Il en est ainsi depuis des générations je ne crois pas en eux, il est grand temps de les délaisser, il est grand temps de tourner la page et de penser à ce Liban. Je refuse ces politiciens qui, avec leurs propos dénaturent, avec leur interprétation éhontée, nous font croire qu’ils sont supérieurs, qu’ils savent mieux que quiconque ce qu’ils font.

Ne nous cachons pas la face, ceux-là, ne nous représentent pas en général, ceux-là, on ne les a pas vraiment élus pour ce qu’ils feront, on ne les a pas élus pour ce qu’ils représentent, on les a juste élus par ignorance, on nous a obligés à les élire.

À ceux qui les élisent, je voudrais leur dire qu’ils se trompent, qu’en fait une fois en haut au-dessus de la pyramide ils vous oublieront. Ils vous oublieront tout simplement parce que vous représentez à leurs yeux la voix qui va les élire, qui va les amener à ce sommet. Ensuite ils vous délaisseront, ils se moqueront de nous parce que nous les avons crus, parce que nous les avons élus.

Ce Liban, je le veux, où chaque être vote, pour élire celui qui lui semble prêt à endosser la responsabilité, la vraie responsabilité. Ce pays je le veux libre d’élire celui qui nous dirigera, par le biais du suffrage universel. Je ne peux accepter qu’un certain nombre de politiciens, ces députés aujourd’hui qui nous imposent leur élu. Nos députés d’aujourd’hui représentent une caste qui n’a plus sa place dans un pays comme le nôtre. Je refuse d’imaginer un Liban ou le ‘’confessionnel’’ décide de me gouverner.

Ce Liban je le veux élisant la personne pour sa compétence, son charisme, sa volonté de changer et de promouvoir, de se battre pour que chaque citoyen accède à ses droits les plus fondamentaux. Je ne veux pas assimiler ce pays à une personne de telle ou de telle communauté. Je n’imagine pas un maronite, ni un sunnite, ni un chiite, un druze, un arménien, j’imagine juste un Libanais, une Libanaise qui mérite d’être là, à cette place.

Ce Liban sera la place ou nos enfants devront grandir, dans un pays où il fait bon de vivre. Ils doivent pouvoir sauter, danser, vivre comme tout autre enfant de ce monde, sans voir la peur dans leurs yeux. Je veux entendre leurs cris joyeux se répercuter à travers ces champs et ces montagnes, les voir barboter dans cette mer bleue de notre méditerranée. Je veux ces enfants, grandir, et bâtir ce pays avec des valeurs morales qui leur sont propres. Je les veux fiers et forts de leurs convictions, et de leurs principes.

Ce Liban, c’est là où, chaque individu se battra à sa grandeur, pour son peuple. C’est à chaque citoyen de le défendre contre toute velléité extérieure. Un pays, indépendant dans ses convictions, dans ses choix politiques, dans ses pensées, dans ses idées, dans sa façon de se gérer, sans que aucune force ou tout autre pouvoir ne puisse à un moment interférer. Il devra être doté de dirigeants capables, au-dessus de tout soupçon, intègres, et qui nous mèneront vers un avenir radieux pour qu’ensemble nous citoyens puissions y vivre dans la paix et retrouver notre sérénité.

J’imagine enfin ce pays dans toute sa grandeur, fier de son passé et promouvant un avenir radieux. Je voudrais que chaque individu, chaque citoyen libanais puisse trouver et retrouver sa place, ce pays sera et devra être le chantre de la liberté et de la tolérance. Ce pays se doit de construire de nouveau une nation forte, qui pourra défendre les intérêts premiers de ses citoyens.

Ce Liban, je le veux, je le souhaite, un pays fort, où la corruption sera combattue sans merci, ou nos lois seront au-dessus de tout. Un pays ou la justice sera indépendante de l’exécutif, où les lois seront faites pour être appliquées de façon juste et équitable.

Un pays où la justice sera omniprésente, où le plus fort protégera le plus faible.

Ce Liban je le veux comme ce cèdre centenaire tendant ses branches vers le ciel, comme pour nous rappeler notre passé, et croire en notre avenir.

À tous ceux qui essaient de le détruire, à tous ceux qui essaient de dilapider ce trésor que nous possédons, sachez qu’il est et le restera ce Liban auquel je crois.

À ce Liban je dédie mes pensées. À ces hommes et femmes, levez-vous pour LUI qui mérite tout le respect. Libanais je suis, libanais je le resterai, cela nul ne pourra me le nier.

À ce Liban orphelin, dont la mère l’aurait pleuré, aujourd’hui je le pleure, en attendant à ce Liban auquel je crois,

  • Tarek Daher
  • Décembre 2021

ISSN 2564-1689 Réseau HEM